«JSA», troublant éclairage de biais sur une guerre sans fin

Le film de Park Chan-wook fait de la Joint Security Area entre les deux Corées le théâtre d’un affrontement aux ressorts mystérieux, mieux perceptibles dix-huit ans après sa réalisation.

Photo: Le sergent Lee (Lee Byung-hun) et le sergent Ho (Song Kang-ho), face à face ambigu.

Il est probable qu’on doive à la rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-un la réapparition de ce film vieux de près de vingt ans. Cet écart dans le temps fait d’ailleurs une part de son intérêt.

JSA est signé d’un des réalisateurs les plus populaires de Corée du Sud, que nous connaissons en Occident pour ses films mêlant fantastique, horreur et esprit bande dessinée: Sympathy for Mr Vengeance, Old Boy, Thirst, Mademoiselle.

Et ce film de 2000 a été un immense succès en Corée même, à un moment où le public se passionnait pour les histoires, longtemps taboues, de relations avec leurs «frères» nord-coréens. Shiri, JSA, Silmido, Taegukgi ont ainsi successivement explosé le box-office.

Pour son troisième long métrage et son premier succès commercial, Park Chan-wook déployait de fait avec JSA une incontestable virtuosité de réalisation, et un savoir-faire dans le mélange des genres et des tonalités qui allait devenir sa marque de fabrique.

Cette maestria, qui comporte des scènes de burlesque, d’action violente, des éléments de description d’une situation politico-militaire explosive, donnait à JSA son tonus, toujours intact. Mais le film recèle une autre dimension, plus singulière.

Fusillade, enquête et fraternisation

Le film raconte sur le mode de l’enquête policière pourquoi un échange de coups de feu se serait produit dans la JSA, la Joint Security Area, épicentre de la zone tampon qui sépare les Corées du Nord et du Sud depuis 1953, au risque de rallumer un conflit ouvert.

Allant et venant du moment des faits à celui de l’enquête qu’ils ont déclenchée, circulant dans le temps avec autant de facilité que ses personnages –deux gardes-frontières du Sud et deux du Nord franchissant la ligne de démarcation–, Park accumule les effets spectaculaires sans grand souci de vraisemblance, annonçant ce qu’il approfondira dans ses films suivants. (…)

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