Cinetek, la VOD d’auteurs

Capture d’écran 2015-11-10 à 11.26.57Se connecter sur la Cinetek donne la possibilité de visionner, en streaming ou en téléchargement[1], des centaines de films. Le meilleur du cinéma mondial des origines à l’an 2000? Personne ne peut dire de manière définitive quel serait ce «meilleur» mais cette liste en fournit une assez bonne approximation. D’autant mieux qu’elle est en permanent enrichissement.

La singularité de cette offre, parmi toutes celles aujourd’hui disponibles en ligne, légalement ou non, est de résulter d’un choix. Un choix à la fois ouvert, exigeant et personnalisé. Le catalogue de la Cinetek résulte en effet de listes établies par des cinéastes français et du monde entier. Ils sont aujourd’hui vingt-six, d’Assayas à Varda et de Desplechin à Costa-Gavras, de James Gray à Apichatpong Weerasethakul en passant par Lynne Ramsay, Bong Joon-ho et Cristian Mungiu[2]. Un nouveau nom doit s’ajouter chaque mois.

En proposant chacun cinquante titres, les réalisateurs font deux choses: mettre en avant une liste à la fois conséquente et diversifiée, et offrir une sorte d’autoportrait intime et indirect. La plupart ont d’ailleurs eu à cœur de se décaler de leur image de marque, composant in fine des assemblages très variés, et pourtant d’une incontestable légitimité.

Inévitablement, tous les films choisis par les réalisateurs (aujourd’hui 1.300) ne sont pas immédiatement disponibles: à choisir entre l’accessibilité réelle des copies et des droits et le désir des cinéastes, les concepteurs de Cinetek ont judicieusement choisi la deuxième option.

On trouve donc sur le site la liste exhaustive des choix de chaque réalisateur, accompagnée d’un descriptif de la situation de chaque film: déjà en ligne, en cours de négociation, hors d’atteinte ou introuvable pour le moment. Les quelque 350 titres effectivement en ligne forment déjà une offre de très très haut niveau. Et si, sans surprise, les noms de Chaplin, Godard, Bergman, Resnais, Fellini, Pialat, Lubitsch, Truffaut ou Renoir figurent parmi les réalisateurs les plus cités, on trouve aussi des auteurs beaucoup plus inattendus, des origines géographiques très variées, du cinéma de genre en tous genres, etc. En revanche, les films par exemple de John Ford ou Yasujiro Ozu, cités par de nombreux réalisateurs, sont visiblement difficiles d’accès.

1300 films, a fortiori 350, ce n’est finalement pas beaucoup, quand quasiment tout le cinéma mondial est accessible en ligne pour qui sait chercher. Tant mieux. Il n’y a aucun sens à ajouter une méga-offre de plus. Bien au contraire, face à la pléthore de la possibilité, le besoin ne cesse de grandir de propositions construites, qui accompagnent la circulation de chacun dans cet immense magma d’image qu’est devenue la toile. C’est, en fait, une autre proposition que celles du marché et du marketing, qui, elles, fonctionnent à plein régime. Avec cet effet qui ne surprend que les naïfs: plus il y a de films disponibles, plus ce sont toujours les mêmes qui sont regardés. (…)

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1 — Les films seront disponibles à la location (48 heures) ou à l’achat selon la grille tarifaire suivante: location format SD: 2,99€ TTC; location format HD: 3,99€ TTC; achat format SD: 7,99€ TTC; achat format HD: 9,99€ TTC. Retourner à l’article

2 — Liste complète: Olivier Assayas, Jacques Audiard, Bertrand Bonello, Bong Joon-ho, Laurent Cantet, Costa-Gavras, Arnaud Desplechin, Jacques Doillon, Pascale Ferran, Christophe Gans, James Gray, Michel Hazanavicius, Christoph Hochhäusler, Jean-Pierre Jeunet, Cedric Klapisch, Hirokazu Kore-Eda, Patricia Mazuy, Luc Moullet, Cristian Mungiu, Lynne Ramsay, Christian Rouaud, Ira Sachs, Céline Sciamma, Bertrand Tavernier, Agnès Varda, Apichatpong Weerasethakul. Retourner à l’article

 

 

La «vidéo sphérique» va-t-elle transformer notre façon de regarder des images?

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«Help», un récent produit de Google, offre une image à 360° qui permet au spectateur de regarder l’action dans toutes les directions uniquement en déplaçant son smartphone.

Les 28 et 29 mai s’est tenue à San Francisco la huitième Google’s I/O, conférence qui réunit les développeurs informatiques de haut niveau et où sont présentées les innovations en cours. Parmi celles-ci figurait un… euh… film? Enfin, en tout cas une réalisation de Justin Lin, connu surtout jusqu’à présent comme réalisateur de quatre épisodes de la série de films d’action à grand spectacle Fast and Furious.

Intitulé Help, ce nouveau produit ne dure que 5 minutes. On y voit des extra-terrestres attaquer Los Angeles, avec explosions, poursuites, destruction d’un wagon de métro et de ses occupants et affrontement final dans le lit bétonné de la LA River. Signe pas très particulier désormais: Help est conçu spécialement pour être regardé (et écouté) sur les téléphones portables. Signe complètement particulier: il offre une image à 360°, qui permet à son spectateur de regarder l’action dans toutes les directions uniquement en déplaçant son smartphone.

Selon la publication professionnelle Variety, qui a révélé cette innovation dans son édition du 27 mai:

«L’appli permet d’explorer tous les angles simplement en déplaçant l’appareil, comme si celui-ci était équipé d’une caméra. Orientez l’écran à gauche et le point de vue se déplace de la même manière, pour découvrir où le monstre extra-terrestre se prépare à démolir le wagon. Panoramiquez à droite, et vous verrez les visages terrifiés des passagers tentant de s’échapper. Dirigez-le vers le haut, voici les hélicoptères qui survolent la Los Angeles River. C’est extrêmement prenant, et ne ressemble à aucun film d’action connu.»

Help est à ce jour le produit le plus avancé dans le domaine de la «vidéo sphérique», que Google développe dans le cadre d’un programme baptisé Spotlight Stories, qui faisait jusqu’alors surtout appel à des spécialistes de l’animation –dont un des grands noms de chez Disney, Glen Keane (qui a apparemment aimé ça). (…)

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