«Sac la mort», ou la belle histoire du vaincu

Tourné en créole à La Réunion, le film d’Emmanuel Parraud montre des hommes et des terres frappés par la marginalité. Mi-chronique sociale, mi-conte, ce long métrage dévoile des personnages surprenants.

Exceptionnel, ce sentiment de rencontrer un monde où aucun des codes les plus usuels n’est exactement respecté. Ni les mots, ni les gestes, ni les rythmes.

C’est dérangeant, oui. Et intrigant. Et puis, grâce surtout à deux hommes, celui devant la caméra qui dans le film s’appelle Patrice (Patrice Planesse) et celui derrière la caméra, Emmanuel Parraud, c’est bientôt émouvant, amusant, séduisant. Cela emporte.

 

Bien sûr, on comprend. Mais personne ne fait ce qu’il semblerait approprié, personne ne dit les mots auxquels on s’attend. Et c’est peu à peu tout le film qui part dans une longue glissade, entre veille et rêve, entre réalité et ivresse, entre âpreté des choses et magie.

Le crime et la société

 Il y a eu un crime. Il y a des amis, des femmes, la famille, le village. L’église, le féticheur, les gendarmes, le maire en campagne électorale.  C’est une société, comme on dit, mais quelle place fait-elle à chacun ?

Il y a ces maisons un peu villas, un peu cabanes en tôle. Les hommes y dorment parfois, pas toujours dans la leur, ou s’effondrent à même le sol. Il y a le rhum, on le voit peu mais il est partout, on voit ses effets.

Il y a cette langue, le créole. Et cette autre langue qui la rencontre, le cinéma. (…)

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