C’est «Leto», c’est une histoire de musique, de révolte et d’amour

L’énergie transgressive d’une partie de la jeunesse russe aux marges d’un empire soviétique à bout de souffle

Révélation du Festival de Cannes, le film de Kirill Serebrennikov évoque la déferlante punk rock sur l’empire soviétique agonisant avec une énergie et une sensibilité remarquables.

Le film était très attendu à Cannes pour des raisons extra-cinématographiques, en l’occurrence les persécutions que subit son réalisateur, grande figure du théâtre russe accusée de délits fantaisistes de la part du régime poutinien, pour faire taire sa créativité contestataire.

Pas trop compliqué donc de faire un lien avec le sujet de Leto, présenté en l’absence de son auteur, assigné à résidence, qui raconte l’explosion du rock en Union soviétique au début des années 1980 –sauf que l’autoritarisme actuel semble plus solide que celui d’alors.

Leto est centré sur trois personnages réels: Viktor Tsoï, qui fut la grande star de la scène musicale alternative, Mike Naumenko, barde inspiré et inspirateur de toute cette génération, et sa femme, Natalya Naumenko, qui a ensuite écrit le récit de cette période intense, après la mort précoce des deux musiciens en 1990 et 1991.

Le film raconte donc ça, à quoi on s’attend: l’énergie transgressive d’une jeunesse russe partagée entre espoir et nihilisme, investissant dans la culture rock et punk (les chansons, les vêtements, les comportements) son refus d’une société oppressante, en pleine dégénérescence mais dont les représentants sont toujours très actifs.

Il le raconte en déployant une virtuosité visuelle, souvent inspirée du clip, recourant à tout un arsenal de procédés (graffitis à même l’image, coloriages, adresses décalées au public, montage choc, écrans partagés) qui témoignent du brio du réalisateur. C’est tonique, c’est intéressant… et puis soudain, c’est beaucoup mieux que cela.

Une, deux, trois histoires d’amour

Parce que des acteurs et actrices magnifiques. Parce que le temps de prendre son temps pour écouter et regarder. Parce qu’un sens des matières et des lueurs. (…)

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Une réflexion au sujet de « C’est «Leto», c’est une histoire de musique, de révolte et d’amour »

  1. Interesting to know about this film, which I hope to see some day, who knows when… I remember Victor Tsoi very well; he was hugely popular. You probably also know the film ASSA, I think he was in it as well…

    There is a female filmmaker here in Hong Kong, Louisa Wei. Have you heard of her work? She is originally from the mainland. Has just completed a film about Victor Tsoi’s Chinese equivalent, Cui Jian, which she hopes to premiere at Berlinale – this guy is hugely famous in China, and of the same generation as Victor tsoi. She was just in Paris to show her Golden Gate Girls at the Chinese film festival.

    Cheers: Dina

    Dina Iordanova FRSA
    Professor of Global Cinema and Creative Cultures
    Director, Institute for Global Cinema and Creative Cultures (IGCCC)
    http://www.st-andrews.ac.uk/globalcinema
    https://www.facebook.com/staigccc
    Publisher, St Andrews Film Studies
    University of St Andrews, Scotland

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