Mon Festival de Cannes 2013

Pour mémoire, ci-dessous les liens vers les 15 articles publiés sur slate.fr pendant le Festival

Jour 1 Luhrmann

Jour 2 Ozon et Escalante

Jour 3 Jian Zhang-ke (et Farhadi)

Jour 4 Desplechin

Jour 5 Lanzmann

Jour 6 Le rapport Lescure

Jour 7/a Coen Brothers et Soderbergh

Jour 7/b Claire Denis

Jour 8 Refn et Miike, cinéma de genre

Jour 9 Kechiche

Jour 10 James Gray

Jour 11 Jarmusch et Rassoulof

Jour 12/a Pronostics

Jour 12/b Les sections parallèles

Jour 12+1 Palmarès

Cannes 2012, un Festival bien rangé

Moonrise Kingdom de Wes Anderson ouvrira le Festival, et la compétition (Focus Feature)

Le 65e Festival, qui se tiendra du 16 au 27 mai, est très cohérent: il accueillera les grands noms en sélection officielle; les diversités dans les origines et les formes iront dans les sélections parallèles.

 

OK, on attendait Terrence Malick, Manoel de Oliveira et Olivier Assayas… chaque année la sélection cannoise réserve ce genre de surprise. Annoncée ce 19 avril, celle de 2012 se distingue surtout par une organisation plus claire du contenu des sections qui composent le programme officiel.

Pour autant qu’on puisse en juger avant d’avoir vu les films, et alors que le délégué général Thierry Fremaux a averti que conformément à son habitude il procèderait à quelques «fignolages» dans les semaines qui viennent, l’offre pour le 65e Festival, qui se tiendra du 16 au 27 mai, s’organise comme suit:

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Pourquoi Woody Allen fait l’ouverture du Festival de Cannes?

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La réponse à la question est évidente. Parce que Woody Allen est un très grand cinéaste, et que le Festival s’honore en lui offrant (pour la deuxième fois après Hollywood Ending en 2002) sa cérémonie d’ouverture. Parce que Midnight in Paris est (certainement) un excellent film. Parce qu’une ouverture avec une œuvre du maître new-yorkais est une promesse d’une soirée à la fois de haute tenue artistique et de plaisante humeur partagée – ce qui est loin d’avoir toujours été le cas lors des ouvertures cannoises des années précédentes, croyez-en un vieux briscard de la Croisette qui garde des souvenirs pénibles de Vatel, de Fanfan la tulipe, de Da Vinci Code, de Blindness (si, si), pour ne parler que des années 2000.

Donc il n’y a que des bonnes raisons à ce que Midnight in Paris ouvre le 64e Festival de Cannes au soir du 11 mai. Ce qui plus étonnant est qu’on le sache déjà. Le choix de Thierry Fremaux, délégué général du Festival, a été annoncé dès le 2 février. Il est inhabituel que le film d’ouverture soit connu aussi tôt. Mais c’est que cette annonce permet de dénouer, de la plus habile manière, une situation tendue et qui menaçait de devenir inextricable. Lire la suite…

Cannes, ça commence doucement, mais bien

L’annonce d’un programme incomplet mais prometteur par les dirigeants du Festival de Cannes dessine une carte inédite du cinéma mondial, où la Corée occupe plus de place que les Etats-Unis.

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La conférence de presse du 15 avril

Chaque année un peu plus, les responsables du Festival de Cannes sont obligés de se livrer à un exercice acrobatique lors de la présentation de la sélection de l’année : procéder au lancement d’une manifestation dont

ils ne connaissent pas tout le programme. Gilles Jacob et Thierry Fremaux en ont donné une des principales raisons, l’accélération dans la fabrication des films, jusqu’aux finitions, du fait des technologies numériques. Bien sûr il serait possible de fixer une date limite d’airain au matin de la conférence de presse : ce serait privilégier les impératifs de la communication sur la recherche du meilleur programme possible, même avec des retardataires, ce qui est tout de même l’essentiel. Cette fois-ci, en avançant d’une semaine la date d’annonce de la sélection et en revendiquant bien haut que celle-ci n’est pas complète, le choix est fait d’afficher clairement cette ouverture, cette malléabilité qui relativise donc le commentaire d’ores et déjà possible. Puisque, outre les  futurs ajouts de la sélection officielle, il manque bien sûr la liste des autres sélections – la Quinzaine des réalisateurs, la Semaine de la critique, l’Acid. Le Festival de Cannes est en effet la résultante de la présence durant 12 jours de l’ensemble de ces films sur la Croisette. Auxquels il faut ajouter les courts métrages, même pas mentionnés par le dossier de presse, la sélection « Cannes classique », et sans doute un ou deux hommages traditionnellement organisés durant le festival. Motus, aussi, sur le film de clôture.

imagesEn revanche, le Festival a annoncé avoir invité comme membre d’un jury Jafar Panahi, aujourd’hui emprisonné à Téhéran. Gilles Jacob a déclaré avoir bon espoir que cette invitation ne soit pas « purement formelle », ce qui supposerait que l’auteur du Cercle et de Sang et or soit non seulement élargi de la geôle d’Evin où il croupit depuis bientôt deux mois, mais autorisé à quitter le pays. Acceptons-en l’augure.

Au vu de ce dont on dispose pour l’instant (listes ci-dessous), au moins deux constats s’imposent. D’une part l’absence, ou la faible présence, des « grosses pointures ». Il en est de diverses natures. Aucun produit phare des studios américains  (hormis le film d’ouverture), et très peu des membres de cette short list des ténors du cinéma d’auteur international qu’on reproche d’ordinaire à Cannes d’inviter trop systématiquement. En compétition, seuls Abbas Kiarostami et Nikita Mikhalkov relèvent de cette catégorie, encore Kiarostami revient-il avec un projet très singulier, puisque tourné en Italie, avec une star féminine française, Juliette Binoche. Et même en élargissant à l’ensemble des noms annoncés, la liste demeure brève – elle n’en est que plus prestigieuse, avec Jean-Luc Godard, Manoel de Oliveira et Woody Allen. Comme disait un célèbre cinéphile, mieux vaut moins mais mieux. Le seul « grand nom » américain attendu pour l’instant est celui de Terrence Malick, dont le Tree of Life pourrait faire partie des futures annonces.

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Juliette Binoche sur le tournage de Copie conforme d’Abbas Kiarostami

Très logiquement, cette relative discrétion des ténors ouvre de l’espace à des auteurs pour la plupart déjà bien connus, mais encore en phase ascendante. De ce point de vue, il faut saluer la diversité d’origine et de style des artistes invités : parmi les plus attrayant, le Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, le Tchadien Mahmat Saleh Haroun, le Coréen Im Sang-soo (et, à Un certain regard, son compatriote Hong Sang-soo). Une curiosité, Fair Game, qui réunit Sean Penn et Naomi Watts pour évoquer l’histoire de l’agent de la CIA Valérie Plame Wilson grillée par l’administration Bush pour avoir mis à jour les trucages sur les armes de destruction massive de Saddam Hussein, réalisé par Doug Liman connu jusque là pour La Mémoire dans la peau (le moins bon des trois « Bourne ») ou Mr & Mrs Smith. Très différent, un nom sur lequel je me permets d’attirer l’attention, celui de l’Ukrainien Serguei Losnitza, auteur de magnifiques films de montage.

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Naomi Watts et Sean Penn sur le tournage de Fair Games de Doug Liman

Il reste, bien sûr et comme toujours, l’épineuse question des films français, pomme de discorde éternelle à Cannes (et ailleurs). En compétition, deux noms très prometteurs. D’abord celui de Mathieu Amalric, qui n’est pas seulement un acteur génial mais un des meilleurs cinéastes de sa génération, avec un film loin de tous les repères connus, errance nocturne dans le sports français en compagnies de dames qu’on brûle de mieux connaître. Ensuite Xavier Beauvois, autre figure majeure du cinma français contemporain, dont Le Petit Lieutenant a montré combien il pouvait diversifier la palette intense découverte avec Nord, et qui s’intéresse cette fois à un drame particulièrement suggestif, celui de l’assassinat des moines de Tibhirine. Avec sa Princesse de Montpensier, Bertrand tavernier laisse augurer un cinéma plus convenu, mais il aura été si étonnamment créatif lors de son précédent film qu’il y a lieu d’espérer quand même une bonne surprise.

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Mathieu Amalric tourne Tournée, dont il est aussi l’interprète principal

Il reste de curieuses absences, dont il faudra voir si l’avenir proche des annonces de complément ou de celles des autres sélection vient les combler. C’est notamment le cas du très attendu Carlos d’Olivier Assayas, la fresque consacrée au terroriste le plus célèbre des années 70 et 80, Les Mains en l’air de Romain Goupil à propos des enfants de sans-papiers, ou encore le nouveau film de Benoît Jacquot.

En l’état, ce qui se dessine de Cannes – encore une esquisse – est plus que prometteur. Thierry Fremaux a clairement choisi la cohérence en termes de partis pris artistiques, et c’est une heureuse promesse.

Jury de La COMPETITION longs métrages

Tim BURTON, Réalisateur, USA, Président, Kate BECKINSALE –  Actrice / Grande-Bretagne, Giovanna MEZZOGIORNO – Actrice / Italie, Alberto BARBERA – Directeur du Musée National du Cinéma  / Italie, Emmanuel CARRERE – Ecrivain – Scénariste – Réalisateur / France, Benicio DEL TORO – Acteur / Porto Rico, Victor ERICE – Réalisateur  / Espagne, Shekhar KAPUR – Réalisateur – Acteur – Producteur / Inde.

COMPETITION :

Film d’Ouverture : Ridley SCOTT ROBIN HOOD Hors compétition

Mathieu AMALRIC TOURNÉE

Xavier BEAUVOIS DES HOMMES ET DES DIEUX

Rachid BOUCHAREB HORS LA LOI

Alejandro GONZÁLEZ IÑÁRRITU BIUTIFUL

Mahamat-Saleh HAROUN UN HOMME QUI CRIE

IM Sangsoo HOUSEMAID

Abbas KIAROSTAMI COPIE CONFORME

Takeshi KITANO OUTRAGE

LEE Chang-dong POETRY

Mike LEIGH ANOTHER YEAR

Doug LIMAN FAIR GAME

Sergei LOZNITSA YOU. MY JOY

Daniele LUCHETTI LA NOSTRA VITA

Nikita MIKHALKOV UTOMLYONNYE SOLNTSEM 2

Bertrand TAVERNIER LA PRINCESSE DE MONTPENSIER

Apichatpong WEERASETHAKUL LOONG BOONMEE RALEUK CHAAT

UN CERTAIN REGARD

Derek CIANFRANCE BLUE VALENTINE

Manoel DE OLIVEIRA O ESTRANHO CASO DE ANGÉLICA (Angelica)

Xavier DOLAN LES AMOURS IMAGINAIRES

Ivan FUND, Santiago LOZA LOS LABIOS

Fabrice GOBERT SIMON WERNER A DISPARU…

Jean-Luc GODARD FILM SOCIALISME

Christoph HOCHHÄUSLER UNTER DIR DIE STADT (The City Below)

Lodge KERRIGAN REBECCA H. (RETURN TO THE DOGS)

Ágnes KOCSIS PÁL ADRIENN (Adrienn Pál)

Vikramaditya MOTWANE UDAAN

Radu MUNTEAN MARTI, DUPA CRACIUN (Mardi, après Noël)

Hideo NAKATA CHATROOM

Photo de une: l’affiche du 63e festival, réalisée par Annick Durban d’après une photographie de Juliette Binoche par Brigitte Lacombe.

Cristi PUIU AURORA (Aurore)

HONG Sangsoo HA HA HA

Oliver SCHMITZ LIFE ABOVE ALL (La Vie avant tout)

Daniel VEGA OCTUBRE (Octobre)

David VERBEEK R U THERE

Xiaoshuai WANG RIZHAO CHONGQING (Chongqing Blues)

SEANCES SPECIALES

Woody ALLEN YOU WILL MEET A TALL DARK STRANGER

Stephen  FREARS  TAMARA DREWE

Oliver STONE WALL STREET – MONEY NEVER SLEEPS (Wall Street – l’argent ne dort jamais)

Gregg ARAKI KABOOM

Gilles MARCHAND L’AUTRE MONDE

Carlos DIEGUES 5 X FAVELA POR NOS MESMOS

Charles FERGUSON INSIDE JOB

Sophie FIENNES OVER YOUR CITIES GRASS WILL GROW

Patricio GUZMAN NOSTALGIA DE LA LUZ (Nostalgie de la lumière)

Sabina GUZZANTI DRAQUILA – L’ITALIA CHE TREMA

Otar IOSSELIANI CHANTRAPAS

Diego LUNA ABEL