Sous le soleil et dans la nuit du «Parc», avec autant de bonheur

Le deuxième film de Damien Manivel confirme l’étonnant talent du jeune réalisateur pour faire du plus simple dispositif la ressource d’un cinéma d’une grande richesse.

Aux innocents les mains pleines! Il y a une telle évidence, une telle simplicité –de situation, de structure, de paroles, de manière de filmer– dans ce film qu’il semble fait de presque rien. Il l’est, de fait, mais de ce presque rien foisonne une multiplicité de sensations, d’idées, d’associations d’images.

Deux jeunes gens, une fille et un garçon ont leur premier rendez-vous dans un grand parc ensoleillé. Ils se promènent, ont du mal à se parler, jouent, traversent prairies et sous-bois, s’approchent, se taquinent, se caressent enfin.

Ils sont dans le monde (le parc est très fréquenté) et seuls au monde, comme il sied. Et puis le soir. Le garçon qui part. Le texto qui blesse. La nuit.

Il y aura le même chemin reparcouru autrement, un autre homme. C’est fait comme cela, ce deuxième film d’un jeune cinéaste déjà bien plus que prometteur, découvert il y a un an avec Un jeune poète.C’est fait d’un agencement d’associations binaires –un garçon/une fille, le jour/la nuit, l’amour/la solitude, un homme blanc/un homme noir, en avant/en arrière, réaliste/onirique… Mais, toutes ensembles, ces associations forment un bouquet qui n’a, lui, plus rien de binaire.

Deux puissantes forces de déplacement

C’est que deux puissantes forces de déplacement, de vibration, de dérangement les travaillent.

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