«Split», «Certaines femmes», «De sas en sas»: vertiges et labyrinthes du multiple

Le film d’horreur de Shyamalan, la chronique de Kelly Reichardt, le huis clos carcéral de Rachida Brakni sont autant de manière de confronter le cinéma à la multiplicité des êtres et des situations, de refuser les simplifications pour faire récit et intelligence du monde.

Ce devrait être une bonne nouvelle, preuve de santé et de diversité du cinéma. C’est un crève-cœur. Au moins six nouveaux films sortant sur les écrans français ce mercredi 22 février mériteraient chacun une critique en bonne et due forme. Faute de pouvoir leur consacrer à chacun un texte, on se résout à les réunir en deux articles publiés ce mardi et ce mercredi, selon un assemblage au nom d’échos qu’il est possible d’identifier pour les rapprocher, tout en étant conscient de ce que cette «mise dans le même sac» a d’abusif.

Encore est-ce faire l’impasse sur d’autres qui ne sont pas sans intérêt (Fences, Les Fleurs bleues), et sur deux œuvres majeures de l’histoire du cinéma, l’admirable documentaire politique de Chris Marker sur Israël Description d’un combat et le chef-d’œuvre de Mizoguchi Une femme dont on parle.

1.Split ou l’explosion du personnage

On avait un peu fini par désespérer de M. Night Shyamalan, qui semblait se perdre de demi-échecs (After Earth, The Visit) en ratage complet (Le Dernier Maître de l’air), après la réception glaciale de deux œuvres passionnantes d’audace et d’originalité, La Jeune Fille de l’eau et surtout le magnifique Phénomènes.

Propulsé «wonderboy» par Hollywood et ces médias qui croient que c’est le box-office qui décident de la réussite d’une œuvre suite au triomphe du –très beau– Le Sixième Sens, celui qui avec Incasable et Le Village confirmait la singularité de son inspiration et la puissance de sa mise en scène avait été peu à peu acculé à une impasse par le système au sein duquel il a toujours voulu travailler. Il trouve cette fois, en parfaite cohérence avec sa démarche de cinéaste, une voie de sortie exemplaire.

Split raconte la confrontation entre deux protagonistes, une jeune fille, Casey, et l’homme qui l’a kidnappée, Kevin. Split met en scène la face-à-face entre 25 personnages: Casey et les 24 individualités entre lesquelles se partagent l’esprit et aussi le corps de celui qui est connu sous le nom de Kevin –offrant à l’acteur écossais James McAvoy l’occasion d’une interprétation d’autant plus étonnante que totalement dépourvue d’histrionisme. (…)

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