Le puzzle sans fin du vivre ensemble

A ciel ouvert de Mariana Otero

acielouvertgrandephoto© Romain Baudéan

Certaines situations posent au cinéma des défis si puissants que ceux qui parviennent à les relever atteignent des moments de puissance et de beauté exceptionnels. Il en va ainsi de ce qu’on appelle la folie. On en voit souvent, des fous, au cinéma (et on ne sépare pas ici la fiction du documentaire), mais rares sont les films qui savent se tenir à la hauteur du mystère qui s’y joue.

Bien sûr, parmi tous les abus que recèle ce mot de «folie» se trouve l’emploi du singulier, il y a tant de folies, tant de fous différents. Ce film-là repose sur l’idée que chacun est singulier et doit être considéré, soigné, filmé, comme singulier.

Les fous d’A ciel ouvert sont des enfants. On les découvre peu à peu, dans ce qui semble une grande ferme, un ensemble de bâtiments en briques au milieu de la campagne, bâtiments, campagne et accents suggérant qu’on se trouve dans le Nord de la France ou peut-être en Belgique. Les enfants parlent à la caméra qui les regarde, la réalisatrice, Mariana Otero, leur répond.

Les fous d’A ciel ouvert sont des enfants. On les découvre peu à peu, dans ce qui semble une grande ferme, un ensemble de bâtiments en briques au milieu de la campagne, bâtiments, campagne et accents suggérant qu’on se trouve dans le Nord de la France ou peut-être en Belgique. Les enfants parlent à la caméra qui les regarde, la réalisatrice, Mariana Otero, leur répond.

Petit à petit, aux côtés de cette gamine vive qu’aucun signe ne désignait de prime abord, en compagnie d’un garçon qui danse à peine un peu trop vite et trop fort, puis d’une autre fille qui exagère en se faisant un chocolat au lait, enfin avec des bouts de rien, se met en place un système de reconnaissance —on identifie quatre ou cinq enfants— et un assemblage d’éléments, parfois agressifs (des cris, des gestes brusques), parfois comiques, souvent anodins.

Les enfants sont rarement seuls, il y a des adultes avec eux, dans ce lieu aménagé comme une colonie de vacances. Parfois, les adultes se réunissent, ils parlent des enfants, ils cherchent ensemble à comprendre ce qui se passe et quoi faire avec ça.

Ils font d’abord, toujours, quelque chose de passionnant et d’assez rare: ils essaient de bien décrire ce qui s’est produit. Ensuite, ils tentent de mettre d’autres mots sur ces événements: des fragments d’explication, qui cherchent à nommer le rapport d’un enfant précis à son corps, à la présence des autres, à la parole. Jamais en généralisant.

Et quand parfois surgit un mot savant (…)

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