À voir (ou pas) au cinéma: «Green Line», «Marty Supreme», «Maigret et le mort amoureux»

Fida devant la maquette du Beyrouth en guerre où elle a grandi. |

Une guerre tragique évoquée avec sensibilité et complexité dans le film de Sylvie Ballyot fait résonner étrangement deux fictions, signées Josh Safdie et Pascal Bonitzer, et traversées de contradictions plus ou moins fécondes.

«Green Line», de Sylvie Ballyot

Elle était là, petite fille en carton, figurine en robe rouge, tandis que sa voix raconte le chemin de l’école, avec les tirs de roquettes et les snipers. Elle est là, femme en robe rouge, devant la même école de Beyrouth, où elle est née quand commençait la guerre du Liban, en 1975. D’une échelle à l’autre, d’une époque à l’autre, dans un registre d’images (les figurines) à l’autre (la personne réelle), Green Line s’élance avec la même bravoure un peu inconsciente que la petite fille qui accompagnait sa grand-mère, sur la ligne de front.

La voilà, la ligne de front. C’est un bout de ficelle, plus rouge que verte. Elle parcourt non pas la ville, mais sa maquette reconstituée de bric et de broc, dans un hangar en ruine qui semble avoir juste été touché de plein fouet par un obus. Devant la maquette, Fida, la femme en robe rouge qui fut la petite écolière sous les tirs, raconte, explique.

Qui a un peu suivi l’histoire du monde des cinquante dernières années sait que la ville de Beyrouth a été divisée entre une zone Ouest et une zone Est où étaient installés chacun des deux camps. Divisée par la fameuse ligne verte que figure la ficelle. Mais quand on le voit sur la maquette, beaucoup de choses apparaissent qu’on n’a pas su, ou pas retenu, ou pas compris.

Ces choses apparaissent quand, devant certains quartiers plus précisément reconstitués, des combattants ou des civils de l’époque viennent eux aussi raconter, répondre aux questions de la femme en rouge, tandis que la petite marionnette visualise des parcours, des émotions, des souvenirs, des comportements.

Ces paroles et ces images rendent sensibles aussi les conflits à l’intérieur de chacun des deux camps et les effets du maniement des armes par des jeunes hommes qui, au fil des ans, n’avaient plus d’autre horizon. Les crimes de masse ne disparaissent pas dans cette vision au ras du bitume, à l’échelle des queues pour l’eau ou aux innombrables checkpoints tenus par des forces pas toujours identifiables.

Fida devant la maquette du quartier où elle a grandi, ravagé par les combats. | Capture d’écran Tamasa Distribution

Des images d’archives viennent faire écho à ce qui est raconté par l’une, Fida, et par les autres, à ce qui est stylisé par les maquettes et les marionnettes. Ces images rappellent les souffrances infinies durant les quinze années de la guerre à Beyrouth, y compris les massacres de la Quarantaine (janvier 1976), de Tel al-Zaatar (août 1976), de Sabra et Chatila (septembre 1982), y compris le jeu criminel des puissances étrangères, à commencer par Israël.

Grâce à l’hétérogénéité des ressources mobilisées par la cinéaste française Sylvie Ballyot, son film change d’échelle, de focale, de logiciel tout autant que de moyens concrets. Il écoute les anciens leaders palestiniens, les militants de diverses factions, d’anciens responsables des phalanges, répondant aujourd’hui au personnage double qu’est Fida, adulte faisant aussi entendre les questions et les angoisses de Fida enfant.

De manière rigoureuse, Sylvie Ballyot esquive aussi bien le confusionnisme historique («on n’y comprend rien», «l’Orient compliqué») et le confusionnisme moral («tous coupables») pour donner à suivre de manière problématisée, inquiétée constamment par la présence de Fida, des lignes de crête, des points de blocages, des agencements qui font sens –aussi pour le présent.

Mobilisation virtuose de multiples ressources, qui reprennent et enrichissent des avancées récentes du documentaire, notamment l’usage des figurines après L’Image manquante, de Rithy Panh (2013) ou La Mère de tous les mensonges, d’Asmae El Moudir (2023), Green Line accueille une figure particulièrement active et nécessaire pour évoquer l’ensemble de ces situations, la matérialisation des morts.

La figurine de Fida parmi les morts sur une barque imaginaire, quand la mémoire, l’histoire et la mythologie se rejoignent. | Capture d’écran Tamasa Distribution

Ce sont des statuettes de glaise blême, presqu’informes, les mêmes quel que soit le statut de celles et ceux qui ont perdu la vie. Leur omniprésence à la fois réaliste et cauchemardesque, tragique et triviale, devient une composante décisive d’une approche qui ne délaisse ni les enjeux politiques, ou moraux, ni le «ressenti» des personnes.

Ainsi, le film s’avère une proposition d’une rare finesse pour évoquer un conflit à la fois lointain et aux développements sans cesse réactualisés, trop souvent simplifié. Green Line accompagne cette multiplicité d’approches sans aucune injonction de partager celle de Fida, mais en incitant chacun·e à interroger ses propres cadres de pensée.

 

Green Line
De Sylvie Ballyot
Avec Fida Bizri
Durée: 2h30
Sortie le 18 février 2026

«Marty Supreme», de Josh Safdie

Marty Mauser, le personnage dont le prénom figure dans le titre est un petit arnaqueur, roublard et dominateur. Qu’il soit doté par le scénario d’un talent au ping-pong est en fait anecdotique. Ce sport est un prétexte pour re-raconter une fois de plus l’american legend que ne cesse de ressasser le cinéma hollywoodien.

La véritable question qui habite le film, celle qui le tend sans faiblir durant tout son déroulement, concerne la position que le spectateur est supposée adopter vis-à-vis de cet histrion manipulateur. Le spectateur ou la spectatrice, bien sûr, avec le pari que la popularité immense de la star Timothée Chalamet, en particulier auprès du public féminin, fera passer outre au fait que, dans le film, les femmes sont des idiotes trimballées à merci par le petit coq de Manhattan.

La course éperdue d’un jeune ambitieux vers le succès et le pouvoir, ce qui définit à la fois le personnage de Marty Mauser, le jeu de son interprète Timothée Chalamet et la mise en scène de Josh Safdie. | Metropolitan Films

La similitude entre ce que fait l’interprète et ce que raconte le film est d’ailleurs la très apparente raison d’être de Marty Supreme, machine à moissonner les récompenses prévue pour culminer avec les Oscars, dans la nuit du dimanche 15 au lundi 16 mars. Conformément à ce qui domine en pareille circonstance, la confusion entre l’exploit sportif et le jeu d’acteur est ici poussée au paroxysme.

Par ailleurs, il se trouve que Timothée Chalamet est un bon acteur, sa manière d’habiter le rôle de Bob Dylan dans Un parfait inconnu (2024) en restant le meilleur témoignage à ce jour. Ici, il la joue athlète dopé à mort, explosant les compteurs de la dépense d’énergie, selon la recette la mieux éprouvée pour mettre la main sur une statuette dorée. Par le passé, il est certes arrivé aux Oscars de couronner une interprétation masculine subtile: Henry Fonda, Tom Hanks, Cillian Murphy. Mais pas souvent.

Rien ne compte d’autre, dans Marty Supreme comme pour Marty Mauser, que cette course au triomphe personnel: ni les autres humains (hormis la coda qui vient in extremis ajouter une couche familialiste tout aussi conventionnelle), ni la morale, ni le cinéma, ni le ping-pong. Ce dernier n’est qu’une machine à dépense physique (pour l’acteur) et à mécanique de tension (le décompte des points) pour le spectateur, sans attention à la réalité et à la singularité du jeu.

Comme tout autre sport, le ping-pong peut faire l’objet d’une attention aux postures, aux mouvements, aux distances, aux rythmes, grâce au cinéma en ce qui le différencie de la photo et de la télévision. Absolument rien de tel ici, pour un jeu rarement montré sur grand écran. À l’heure où les IA contrôlent les images, il n’est pas difficile de «bien jouer» au ping-pong dans un film, si cela signifie faire atterrir la balle sur la table quel que soit le coup, ultra rapide, lifté ou violent. Il pouvait y avoir autre chose de cette pratique à montrer, mais cela n’intéresse pas le réalisateur Josh Safdie.

Marty Mauser pourrait indifféremment jouer au billard, au poker, aux échecs ou être boxeur, ça ne changerait rien. Ce qui compte c’est la gagne et la légitimation de tous les moyens pour y parvenir –y compris subir d’absurdes humiliations, comme une fessée cul nul par des milliardaires possibles sponsors.

Ce pourrait être comique, ou critique. Mais c’est malaisant d’une manière qui donne le ton général du film, à la mesure du caractère incertain du regard que Josh Safdie porte sur son personnage. Le cinéaste américain aime-t-il ou déteste-t-il son personnage? Les deux! Mais cette incertitude n’est pas une ouverture, un espace laissé au spectateur, c’est un double jeu, une ruse comparable à celles dont abuse son héros.

Gwyneth Paltrow en vedette sur le retour, l’une des femmes abusées et manipulées par Marty et supposées aimer ça… Comme les spectateurs? | Metropolitan Films

On retrouve ici un travers fréquent dans le cinéma notamment américain, lorsqu’il entreprend de dénoncer des pratiques, tout en cherchant à capitaliser au maximum sur la séduction de ces mêmes pratiques –exemplairement Le Loup de Wall Street, de Martin Scorsese (2013) ou Babylon, de Damien Chazelle (2023).

La sortie du film de Josh Safdie deux semaines après celle de The Mastermind, de Kelly Reichardt, cristallise ainsi l’opposition entre une approche rusée, cherchant à jouer sur tous les tableaux, et une exigence éthique de la mise en scène, en un temps, celui de l’actuel occupant de la Maison-Blanche, où l’on sait plus douloureusement que jamais que la morale est aussi politique.

Whatever works («n’importe quoi, pourvu que ça marche»), si cela mène éventuellement à un Oscar, à la victoire dans un match de ping-pong ou à fonder la famille américaine modèle. Mais plus assurément encore à des catastrophes. Avant de s’extasier des performances de Marty Chalamet et de son coach Josh Safdie, il pourrait être souhaitable de s’en souvenir.

Marty Supreme
De Josh Safdie
Avec Timothée Chalamet, Gwyneth Paltrow, Odessa A’zion,  Fran Drescher, Tyler Okonma, Abel Ferrara
Durée: 2h29
Sortie le 18 février 2026

«Maigret et le mort amoureux», de Pascal Bonitzer

Il fume la pipe. Qui fume la pipe aujourd’hui? Nul autre que le commissaire Maigret, imperturbable icône transbahutée telle quelle dans le Paris contemporain pour y exercer ses talents à l’épreuve d’une réalité vis-à-vis de laquelle il demeure décalé. Mais quels talents? Pas forcément ceux de policier perspicace, plus assurément la capacité à incarner une certaine idée de la fiction, à travers une figure-type produite en quantité par Georges Simenon entre 1931 et 1972.

Le commissaire Maigret (Denis Podalydès) mène l’enquête. En tout cas, c’est ce qu’il croit. | Pyramide Distribution

Le côté réjouissant de Maigret et le mort amoureux tient à l’immersion de cette figure, beaucoup moins bonhomme que la traduction télévisuelle qu’en avaient donné Jean Richard (Les Enquêtes du commissaire Maigret, 1967-1990), puis Bruno Cremer (Maigret, 1991-2005), dans un microcosme très particulier, confiné entre VIe arrondissement de Paris et quai des Orfèvres. (…)

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La mort de Brigitte Bardot, «icône» et phénomène de société

Cernée par les paparazzi dans Vie privée , de Louis Malle. | Capture d’écran Malavida Films via YouTube

Celle qui fut, il y a sept décennies et durant une quinzaine d’années, l’actrice française la plus célèbre au monde laisse un sillage paradoxal et chargé de malentendus.

Qui est mort le 28 décembre 2025 à l’âge de 91 ans? Répondre «Brigitte Bardot» ne dit pas ce que désigne ce nom. Le terme qui lui est le plus souvent accolé est «icône», mot souvent employé à tort et à travers. Mais pas dans ce cas, à condition d’entendre qu’on ne parle pas de la femme, mais d’une image dotée par une institution (non plus religieuse, mais médiatique) d’un pouvoir surnaturel.

Une icône, en effet, ce n’est pas une personne, c’est une image, avec certaines caractéristiques qui sont celles qu’aura eues cette femme décédée le 28 décembre à Saint-Tropez (Var). Sauf que les images ne meurent pas –ou alors d’une manière très différente des humains.

L’image de la personne qui, en un seul film de 1956, Et Dieu… créa la femme, et même en une séquence de danse dans ce film de Roger Vadim, devint une célébrité mondiale, n’est pas morte ces jours-ci, pas plus qu’elle n’est morte en 1973, lorsque BB quitta les plateaux de cinéma et la quasi-totalité des autres activités qui lui avaient valu son statut.

Défense des animaux, mais idées odieuses

Mais une image avait été produite. Et c’est au nom de ce qui s’était installé dans cette relativement brève période, moins de vingt ans de carrière en pleine lumière dont seuls quelques films sont susceptibles d’échapper à un oubli complet, qu’elle aura continué d’occuper l’espace public, principalement à deux titres.

Le premier, devenu essentiel pour elle et auquel elle consacra une énergie inépuisable, un engagement sans limite, faisant preuve en plusieurs occasions d’un courage physique impressionnant et d’une constance indéniable, est la défense des animaux, sous de multiples formes, notamment à travers la fondation qui porte son nom.

Chez elle dans sa propriété de La Madrague, à Saint-Tropez, avec un de ses chats, dans le film documentaire Bardot d'Alain Berliner et Elora Thevenet, sorti le 3 décembre 2025. | Capture d'écran Pathé Live via YouTube

Chez elle dans sa propriété de La Madrague avec un de ses chats | Capture d’écran de la bande annonce de Bardot d’Alain Berliner et Elora Thevenet/Pathé Live

Le second concerne la manière dont elle a, à de nombreuses reprises, exprimé des opinions racistes, réactionnaires, hostiles aux minorités notamment de genre et aux combats féministes, ainsi qu’un compagnonnage revendiqué avec le Front national, devenu Rassemblement national, et à ses épigones jusqu’à récemment Éric Zemmour.

Son quatrième mariage, avec un proche de la famille Le Pen, a contribué à cet affichage qui lui a valu de multiples condamnations notamment pour propos racistes. Quoiqu’elle ait été avant ou en même temps, avoir été ainsi une propagandiste des idées racistes et fascisantes est un comportement qu’on peut considérer comme odieux et inexcusable.

Début décembre est sorti sur les écrans Bardot, un film qui lui est consacré et qui cherche à minimiser cette dernière dimension. Les nombreuses archives qui y figurent accompagnent sa biographie, y compris ses films, tout en mettant en évidence le processus qui a fait d’elle cette fameuse icône. Ce processus, le cinéma y a contribué de manière décisive, mais très particulière.

Personnalité médiatique et sex-symbol

Au milieu des années 1950, le monde occidental est en plein bouleversement générationnel et sociétal. Brigitte Bardot en sera à la fois un instrument et un symptôme. À l’époque, le film de Roger Vadim, à cause de son actrice principale, de la manière dont elle s’y comporte et dont elle est filmée, apparaît comme le premier signe important de ce qu’on appellera bientôt la Nouvelle Vague.

Il ne s’agit pas de la Nouvelle Vague comme révolution artistique qu’incarneront ensuite Jean-Luc Godard et François Truffaut, Alain Resnais et Agnès Varda, mais de la Nouvelle Vague comme bouleversement dans les mœurs, tel que le cinéma s’en fait à l’époque la chambre d’écho. Se met alors en place un processus singulier concernant la jeune interprète de Et Dieu… créa la femme.

L'affiche du film de 1956 qui a créé le phénomène BB.

L’affiche du film de 1956 qui a créé le phénomène BB.

D’une part, Brigitte Bardot devient une personnalité médiatique incarnant un changement considérable dans la saturation de l’espace public par les médias. Pratiquement personne dans le monde ne suscitera à l’époque un tel déchaînement, sinon Elvis Presley et, un peu plus tard, les Beatles. A fortiori aucune femme, ni aucune vedette de cinéma, ni aucun·e Français·e.

Mais ce n’est pas pour ses films ou pour son talent d’actrice que Brigitte Bardot déclenche des émeutes partout où elle passe, mais comme sex-symbol, incarnation explicite, revendiquée, d’une fantasmatique massivement partagée par les hommes et très largement par des femmes.

Érotisée à l’extrême dans une époque extrêmement pudibonde, sa présence est surjouée dans ce registre par l’ensemble des canaux de médiatisation. Et par elle-même, qui ne fut jamais un simple jouet de manipulations intéressées de ses pygmalions et des organes médiatiques.

En témoignent par excellence trois de ses principaux films: En cas de malheur, de Claude Autant-Lara en 1958; La Vérité, de Henri-Georges Clouzot en 1960; puis Vie privée, de Louis Malle deux ans plus tard. Tous ont comme personnage principal, au-delà d’héroïnes prénommées respectivement Yvette, Dominique ou Jill, la bombe sexuelle Brigitte Bardot.

Et tous, en feignant plus ou moins de dénoncer la manière dont elle est assujettie au regard lubrique et possessif des mâles, font exactement de même en ce qui concerne leur mise en scène. Et relève absolument du male gaze, dont il faut rappeler qu’il ne s’agit pas d’une lubie contestataire des années 2010, mais d’un concept rigoureusement construit dès le début des années 1970, juste au moment de la retraite de l’actrice qui y a si activement contribué.

Le seul qui, loin de capitaliser sur ce qu’il fait mine de dénoncer, en déjouera avec humour et élégance les mécanismes (dès la scène d’anthologie où Michel Piccoli découpe –verbalement– en morceaux les différentes parties de son anatomie) tout en offrant à l’actrice un véritable rôle, sera Jean-Luc Godard avec Le Mépris (1963).

Camille dans Le Mépris, de Jean-Luc Godard, un grand rôle sans lendemain. | Capture d'écran STUDIOCANAL France / Carlotta via YouTube

Camille dans Le Mépris, de Jean-Luc Godard, un grand rôle sans lendemain. | Capture d’écran STUDIOCANAL France / Carlotta

Phénomène et fantasme mondial stéréotypé

Ce sera presque sans lendemain (même si elle fait une apparition à titre amical dans Masculin féminin en 1965), à l’exception de cette curiosité qu’est Viva Maria!, son deuxième film avec Louis Malle, mais surtout avec Jeanne Moreau comme partenaire.

Le duo de femmes pirate la surenchère voyeuriste au principe du film, le pousse à un excès qui désamorce la malhonnêteté de mises en scène qui tirent le maximum de bénéfice spectaculaire des attraits physiques de l’actrice, devenue un fantasme mondial stéréotypé, en semblant s’intéresser à autre chose.

Viva Maria!, de Louis Malle, avec Brigitte Bardot et Jeanne Moreau, sorti en 1965.

Le cas de Jeanne Moreau, qui a incarné à l’écran une autre figure de femme libre dans la période de gloire cinématographique de Brigitte Bardot, offre un contraste saisissant quant à la manière de déjouer les stéréotypes. Stéréotypes qui sont toujours, in fine, des manifestations de domination.

Or, c’est bien ce qu’a incarné la star qui fit rêver les hommes du monde entier et modélisa le comportement et l’apparence de millions de femmes. Rien d’étonnant à ce que Brigitte Bardot ait très tôt, bien avant son rapprochement avec le Front national, violemment dénoncé les féministes. (…)

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